café psychocitoyen : bien ou mal qui pour juger?

mardi 15 octobre 2013

notre prochain café psychocitoyen aura pour thème : bien ou mal qui pour juger?

Pour aborder cette question, je vais utiliser la vision anthropologique de la troisième force ou approche humaniste en psychologie qui aborde l’Homme comme une complexité auto organisationnelle vers la vie à travers ses dimensions :

  1. corporelle
  2. émotionnelle
  3. psychologique
  4. sociale
  5. spirituelle

Quand je fais du sport, quand je mange, boit, fume… suis je au clair avec moi même du bien ou du mal que je me fais ? nos conditionnements introjectés ou appris peuvent nous faire dévier de nos sensations corporelles qui sont là pour nous donner un feed back, une information sur le bien ou mal que nous nous faisons ou que nous croyons nous faire.

Sur le plan émotionnel, je crois souvent que pour être une personne mature, je dois contrôler mes émotions, ne rien montrer… pour cela je crée une armure, une attitude défensive souvent mais pas toujours inconsciente. Ce que je crois être un bien pour moi, pour ne pas être « submergé » ou noyé par mes émotions n’est que le reflet d’une alexithymie (incapacité à lire mes émotions) qui est un facteur important d’une faible estime de soi, d’un manque de confiance en soi et de difficultés relationnelles.

Sur le plan psychologique, comment, par quel processus j’évalue mes pensées, mes visions de moi, des autres, du monde ? suis je déterminé par des systèmes de référence qui me donnent comme du prêt à porter des solutions toutes faites, des évaluations prêtes à l’emploi. Suis je inscrit dans des idéologies qui me dictent le jugement que je dois porter sur tel ou tel évènement, telle ou telle pratique ?

si je suis chrétien je suis contre le mariage gay?

si je suis chef d’entreprise je dois exercer un pouvoir sur, pyramidal sur mes collègues ?

si je suis non violent, je dois être végétarien…

ou alors ai je un self, conscience de moi, suffisamment ancré et souple pour laisser mon processus d’évaluation organismique c’est à dire basé sur l’ensemble de mon processus psychophysique, me guider de moment en moment dans le jugement de ce que je vis ? mon critère de discernement est il le degré d’actualisation que va m’apporter cette expérience que je suis entrain de vivre?

Dans ma dimension sociale, relationnelle, d’engagement citoyen ou politique, mes jugements sont ils dichotomiques et manichéens : j ai raison, ils ont tort? mes catégories, typologies de personnes résument elles mes relations en deux pôles : les gentils et les méchants, nous et eux, moi et les autres dans un rapport teinté de peur, de méfiance, de suspicion? ou alors je m’autorise à entrer en contact avec telle ou telle personne sans me limiter et sans la stigmatiser à un label, une étiquette, une identité porte drapeau qui m’économiserait de faire l’effort de la rencontrer dans sa singularité?

Le bien, le mal peuvent aussi être le Bien, le Mal… la dimension spirituelle s’est longtemps résumée à la dimension religieuse d’appartenance à une Eglise dominante et toute puissante sur les consciences individuelles en lui dictant, imposant les catégories morales de Bien et de Mal sans contestation possible sous peine d’excommunication ou d’hérésie.

Dans le roman d’Umberto Eco, le nom de la rose, guillaume de baskerville, frère franciscain représente cette exception de conscience et d’ouverture morale face à l’inquisition qui est là pour juger l’adhésion aveugle au dogme. Mais la dimension spirituelle humaniste ouvre tout l’univers du sens, de la signification que je donne mes expériences, à mon existence. Devant l’angoisse de responsabilité liée au choix à réaliser, sortir de l’étau restreint du bien ou du mal, du vrai ou du faux, m’apporte l’autorisation à tester, à évaluer ma décision à la lumière de ses effets.

Pour conclure, l’approche anthropologique humaniste ne nie pas que des actes, des pensées, des décisions produisent de bons ou mauvais résultats mais n’enferment pas l’humain dans des schémas préconçus mais plutôt l’encourage à vivre pleinement ses choix dans leurs dimensions corporelle, émotionnelle, psychologique, sociale et spirituelle en interaction permanente avec son environnement physique et humain.

sébastien daix

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